Une photo, un jour …

03 juin 2009 
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Fin de jour sur le vieux port de Montreal presque endormi depuis ma fenêtre. 
Montreal Mai 2009-49
Mai 2009. Outremont. Un dimanche ensoleillé à l’heure du Brunch. 
Le 29 Mai 2009
  Montreal Mai 2009-114

Mai 2009. Outremont. 

Montreal. Dans le quartir du Mile end. 
 
 

Le 20 Juin 2008. Montréal. Quartier Outremont. Parc kennedy. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20080619-20 juin 2008-38

Une scène en face de chez moi. Outremont est un quartier ou vivent un certain nombre de personnes juives hasidim ou hassidiques mais aussi d’autres juifs qui certes suivent la torah et le talmud mais ne sont pas pour autant hassidiques. Il existe differents courants autres que la branches hassidique. Il y a dans le quartier des écoles juives. Des écoles pour jeunes filles et pour jeunes gens, qui, ne se cotoient pas .  Je croise chaque matin des jeunes filles habillées de facon semblable, cartable à la main. Elle sont souvent en groupe et semblent de bonne humeur. Les rires ont-ils une réligion ou une couleur de peau? 

Guillaume. Sans son vélo.

Il roule toute l’année. Hiver comme été. C’st un accroc, un shooté du vélo à pignon fixe. Et c’est un cuistot amateur hors pair. 

paris-octobre-2008-29

Halloween. Portrait avant la récolte, florissante des bonbons.

Rue Monsieur le prince. J’ai longuement arpenté autrefois ces rues. Etudiant j’aimais me rendre au cinéma à l’angle des Boulevard Sain Michel et de la rue Monsieur le prince pour y prolonger le rêve d’une vie que je croyais lointaine alors qu’elle était là tout proche.  Je la pensais réservée à d’autres, à une élite….

Et me revoici quelques années plus tard suivant la démarche élégante d’une jeune fille dans la rue. Je me souviens avoir été touché maintes fois par ces passantes élegantes, touché par leur éphémère présence, l’espace d’une lumiere, l’espace d’une rue. Aujourd’hui je suis plus touché encore par cette passante là.

04 Aout 2008.

Paris. Quartier Latin. Près du théatre de l’odeon.

06 Aout 2008 Lucca


Lucca. Toscane. Italie.

05 Aout 2008 M&M

Marin et Morgane.

Marin c’est mon fils. Morgane est la fille d’Hervé, un de mes plus vieux amis d’enfance. Nous avions 5 ans lorsque Hervé et moi nous nous sommes rencontré. Nous avons été compagnons de jeu, compagnons de rêves, de trêves, de rires, de désirs et de fuites.  Nous avons joué et partagé les jeux de l’enfance, livré quelques batailles contre les rivaux du quartier voisin, nous sommes heurtés, chahutés, opposés. Nous avons vogué sur les rives de l’adolescence, avons arpentés le long de la lande bretonne des sentiers qui nous ont menés à nul autre que nous mêmes. Nous avions 16 ans et avons vibré aux contrastes d’une Bretagne  qui nous à fait découvrir le sens profond du mot amitié. Adolescent on nous prenait pour des frères. Compagnons des premiers émois, des premières sensations de liberté, complices et confidents de chimères et des amours éphémères. Nous avons gravi chacun de notre côtés les échelons de l’âge adulte, lui au pied des avions, moi dans les nuages rassurants de l’abstraction . Nos chemins se sont un moment écartés, chacun néanmoins présent de loin l’un à l’autre. Nos parcours aux couleurs différentes se sont complétées à la faveur de déambulations sous-terraines. Nous étions tous deux fascinés par les dessous d’une ville en effervescence.

Nous nous sommes retrouvés il y a quelques années à la faveur d’un voyage en terre québécoise qu’il connaissait mieux que moi, pour s’y être aventuré enfant, puis adolescent. Nombre de voyage formèrent sa jeunesse. Les romans formèrent davantage la mienne.  Un clin d’oeil de Morgane a coloré des déambulations québecoises plus harassantes que prévues pour sa maman, Arianne, le corps soudain plus lourd de plus de vie. Morgane à aujourd’hui 6 ans. Elle est l’amie de mon fils. Je les ai vu rire et partager. Heureux de se retrouver, comme si les liens passés se trouvaient tout à coup renouvelés par enfant interposé. Notre amitié se prolonge. Deux enfants sur une photo en noir et blanc. Deux autres en surimpression.

06 Août 2008

Paris . Près de la Madeleine.

Des enfants jouent au bas d’une statue. Des freres et soeurs,visiblement. Leurs parents sont attablés non loin de moi. J’observe leurs jeux et déclenche, fasciné par les contrastes dont je suis spectateur. Plus tard, cette enfant me prendra en photo. Le photographe photographié.

04 Aout 2008-Alain

Paris. Sur les grands boulevards, près de la Bourse. Une brasserie typiquement parisienne. Je revis et apprécie des moments de partage dans des lieux qu’autrefois je ne voyais pas. Il m’aura fallu traverser l’océan pour apprécier la chaleur du décor et de l’architecture parisienne, en particulier. Paris est un décor. Il fut mon quotidien. Il ne l’est plus. Je suis spectateur d’une ville qui fut mienne. Je suis spectateur d’une vie qui n’est plus la mienne. D’un rythme, d’un pouls qui n’est plus le mien. Je suis spectateur de ce qu’aurait pu être ma vie si j’étais resté là.

Alain apprécie les partages de la table. Moments précieux  d’échange et de rencontre. Il apprécie les restaurants parce qu’ils en a ete sans doute privé autrefois. Parce qu’ils riment avec la rencontre, l’echange, la joie simple d’être réunis.  Autour d’un repas copieux, son oeil s’éclaire encore plus. Il aime manger et surtout partager. C’est un homme généreux, qui parle des plats comme on parle des personnes. Cet être généreux c’est Alain. Alain, c’est mon père.

05 Aout 2008-Baigneur genevois

Geneve. Les paquis. 10 heures du matin. Un homme sort de l’eau et vient s’etirer.

Je sors du restaurant où je suis allé dejeuner. Je regarde autour de moi et surtout profite de la chaleur caressante du soleil matinal. Je vois tout à coup une personne sortir de l’eau. Je remarque son teint halé, son maillot de bain jaune. Il regarde droit devant lui en direction de sa serviette. On le regarde sans le voir. Les personnes autour le regardent, il me semble, dans une indifférence feinte. Je dégaine mon Leica et je shoote dans la chaleur du matin Genevois.

 

Michaël et Marie. Au sergent recruteur, une micro brasserie sur la rue Saint Laurent.

23 septembre. Sur le chemin de l’école nous croisons cette femme avec son chiot . Quelques instants auparavant une jeune fille juive se rend à l’école toute proche. En croisant le chien elle se fige apeurée. J’ai remarqué que tous les enfants juifs du quartier (ou on trouve une importante communauté hassique) ainsi que leurs parents sont apeurés par les chiens. Mémoire de la shoah et de l’utilisation des chiens et des bergers allemands aux fins que l’on connait ? En tous les cas il existe une peur bleue des chiens même les plus petits et les plus inoffensifs chez les juifs de cette communauté.

Sur le chemin de l’ecole, la lumiere matinale d’automne me touche. Je ne réflechis pas et je shoote.

Angle de la rue Bernard et du Boulevard Saint Laurent.

Montréal. A l’angle des rues Bernard et Saint Laurent. J’ai été attiré par le rouge du sac, renvoyant au rouge du feu.

Ballade matinale.

24 Septembre. L’automne est bien présent. Les érables commencent à rougeoyer. Un air frais mêlé à des vagues de chaleur constituent la plus parfaite expression de l’été indien ou ce que certaines personnes d’ici appellent l’été des indiens.

Le 26 Septembre 2008.

Dans l’est de Montréal, une sorte de no man’s land, une gare de triage sortie de nulle part.

Quelque part pres de la ruue Ontario...

Montréal. Quelque part près de la rue Ontario...

Vue du pont champlain.

La prairie. Banlieue de Montréal.

J’ai vécu en banlieue parisienne. Je vis désormais en ville. Je suis fasciné et à dire vrai assez apeuré par la banlieue qui pour moi rime avec ennui. Je comprends bien que les personnes choisissent en Amérique du nord la banlieue pour le calme et le confort que l’on y trouve. Personnellement, je m’y ennuie terriblement. La banlieue, mais il n’y a pas une banlieue mais des banlieues, me fait peur et m’angoisse terriblement. le calme de la banlieue me fait terriblement peur. Le jour ou j’ai pris ce cliché, il n’y avait qu’une personne dehors qui passait sa tondeuse.

28 Septembre 2008. Lac Nick. Cantons de l’est. A une heure et demi de Montréal.Feuilles d”érable sur les eaux.

Journée automnale.

Journée automnale.

Sur une petite route de campagne en allant vers Saint Benoit du lac.

 

Octobre 2008

paris-octobre-2008-32

Le 05 Octobre.

Ballade automnale avec mon fils. Tout près de chez moi. Sur la rue Bernard.

1 er octobre.

Sur la rue Duluth à Montréal, on trouve désormais une chocolaterie. Celle de Chloé. Elle vient d’emménager au sein d’un nouveau lieu qu’elle a arrangé à son image. C’est une ancienne quincaillerie. Elle a travaillé tout l’été pour faire de ce lieu, le sien. Il lui ressemble. Sur la photographie prise, Chloé pose avec une photographie de la quincaillerie prise dans les années soixante.

Des enfants lisent une bande dessinée devant la chocolaterie de Chloé.

Le 6 Octobre

Au retour de déambulations automnales, je prends ce cliché d’une fin de journée. Dehors le vent frais cotoie les vagues de chaleur.  Au dehors les feuilles virevoltent et le chocolat chaud rythme nos pérégrinations.

Le 07 octobre

Super Gégé.

Rue saint viateur. Outremont est un quartier oû vivent un certain nombre de familles juives hassidiques. Les jours de sabbat les contrastes culturels sont saisissants oû jeunes gens hirsutes et tatoués côtoient dans la même rues des rabins. J’aime personnellement ces contrastes et la possibilité qu’ils existent.

 

Le 20 Octobre 2008

L’automne touche à sa fin.

Le 13 Octobre 2008

Je me rends à Paris pour y réaliser une partie d’un reportage consacré à l’alimentation dans les écoles. Entre deux rendez vous, je sillonne les rues.

En voici quelques aperçus.

Paris, XI ème arrondissement. Je me trouve en plein cœur du quartier ou fut tourné le film de Cédric Klapisch Chacun cherche son chat.

Le 14 Octobre 2008

Sur les quais de seine, non loin de la place du Chatelet.

Une des impasses du XI eme arrondissement ou l’on trouve un certain nombre d’ateliers.

Du Chatelet vers l’ile Saint Louis.

Le 15 Octobre 2008

Évidemment cela fait carte postale.

Le 16 Octobre 2008

Dans le XI ème arrondissement toujours. Les vélos sont de plus en plus nombreux dans la capitale, en particulier en raison de l’introduction du Vélib’ et des nombreuses pistes cyclables réalisées par l’équipe du maire actuel de la ville de Paris, M. Bertrand Delanoé.

Paris XI ème arrondissement.

Madeleine est la sœur de ma grand-mère, décédée il y a deux ans.  Bien qu’elle n’aima jamais qu’on l’appelle ainsi, Madeleine a toujours été Mado.  Elle a quitté il y a un an sa maison de Bretagne  pour se rapprocher de ses enfants et petits enfants dans les Yvelines(en région parisienne) suite à une chute plus grave que les précédentes. Ce que l’on appelle “une perte d’autonomie” physique a nécessité ce déménagement dans une structure plus adaptée avec un certain nombre de soins et une certaine prise en charge.  Madeleine est une personne très alerte, très vive d’esprit avec un sens certain de l’humour et surtout, surtout une conscience très aiguisée de sa réalité. Elle n’est pas dupe des limites de la structure et du fonctionnement. Elle n’est pas dupe de son changement. De ses pertes. Qui ne sont pas faciles à accepter. Mais qui sait accepter sans résister, à la perte. Sait on apprendre à perdre? Individuellement et socialement parlant?

Le lieu où elle demeure est lumineux dans une petite ville d’une banlieue aisée. Madeleine est consciente de  ses difficultés à accepter cette perte d’autonomie, renforcée par le fonctionnement de l’institution voire le comportement infantilisant de certains membres du personnel. Ainsi, lors de ma visite alors que nous sortions de table, Madeleine me propose d’aller prendre un café dans la cour intérieure de l’établissement. Nous demandons alors deux cafés à une jeune employée affable et souriante. Nous sommes assis sur un banc arrosé de la lumière douce du couchant, heureux d’être simplement là. Heureux de partager ce café, symbole de chaleur et de convivialité. C’était sans compter la personne responsable. Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise (et ma colère) de voir cette personne dire à ma tante dans  une attitude infantilisante : “mais non  pas de café, Madi,  vous n’allez pas dormir!!! Ma tante gênée ne put lui tenir tête. Et là tout s’est joué. La violence d’un système qui prive les personnes d’elles mêmes. De leur expérience, de leur personnalité. J’ai vu ma tante avec un regard d’enfant. J’ai vu la mère supérieure d’une pension faire la morale à un enfant dans un corps d’adulte. J’ai vu la peine et le désarroi de ma tante. J’ai vu ma peine. J’ai vu l’autorité, l’imposition de la norme. Abasourdi, sonné tout à mon étonnement, je n’ai rien dit. Alors que la situation exigeait que je l’ouvre. Par ce silence, je me suis fait complice de cette situation révoltante, violente. Infamante. J’ai fait silence. Silence de priver une personne de sa liberté. Celle de boire un café le soir. Cette femme voulait le bonheur de ma tante … et elle l’a eu. Priver une personne de son plaisir sous prétexte de vouloir son bien alors qu’elle ne désirait selon moi que le sien, son confort, celui de la norme. Violence d’un système, d’une attitude condescendante et de l’imposition d’un principe sur le libre arbitre. L’argument invoqué, “vous n’allez pas dormir” m’a bien fait rire puisque tout au long de sa vie, ma tante s’est toujours couché très tard, aux alentours de trois heures du matin.

En bretagne dans le village ou demeuraient ma grand-mère et ma tante, dans une Bretagne réputée (à juste  titre) pour se coucher à l’heure des poules deux lumières restaient allumées tard la nuit: celle de ma grand mère et celle de ma tante. A trois heures du matin, j’ai entendu deux soeurs rire au téléphone, éloignées de quelques centaines de mètres.

Les structures et l’attitude face aux personnes agées sont à revoir. A t-on oublié les adultes, les personnes derrière ce corps qui parfois lâche ou se relache? Violence d’une condescendance. D’une infantilisation. La personne âgée que je serai un jour pourra t-elle, élevée à la norme d’autonomie (qui règle aujourd’hui notre mode de vie et nos comportements)pourra t-elle accepter une structure parfois autoritaire? Je ne pense pas. Les structures des “vieux” que nous serons sont à inventer. Sont à réinventer. A vos imaginations citoyens!!!

1 Commentaire

  1. Sur la photo du 13 octobre 2008, tu es en train de passer devant le bureau de mon frère et dans quelques mètres tu passeras devant son appartement, un ravissant duplex au rez de chaussée. C’est le 37 rue de Charonne. C’est drôle non?
    Fanny
    PS: j’allais oublié, tes photos sont superbes… habitées! bravo. Mais ça ne me surprend pas.


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