

Sur la rue Bernard à Outremont se trouve un café chaleureux que je connais bien Le café souvenir pour le fréquenter assidument au point d’en faire une annexe de mon salon. J’y retrouve Nicolas pour prolonger les instants et tenter de comprendre la genèse de cette carrière en devenir de DJ. La musique a une histoire dans la vie de chacun. Chacun vit une histoire par rapport à la musique, determinée par un certain nombres d’éléments et d’anecdotes…. Des origines biographiques de la vie de DJ ou la genèse d’un processus. Genèse d’un changement de vie.
Chapitre I : L’entrée dans la musique : la musique ou l’évasion métallique.
Nicolas est né Nancy, une ville de l’est de la France, de parents français qui se sont rencontrés au Québec (sa mère et son père avaient tous deux immigrés au Québec étant jeunes). Il est le cadet d’une famille de trois enfants. L’histoire musicale de Nicolas commence au moment du divorce de ses parents, Nicolas a15 ans. Sa mère, suite au cancer de son petit frère qui doit se faire soigner en France, décide de quitter le Québec et de repartir en France, la sœur aînée de Nicolas est déjà partie étudier en France 2 ans plus tôt, provoquant en son fils ainé un sentiment d’abandon qu’il tente inconsciemment de dépasser par musique interposée. Vivant avec son père peu féru de musique, il découvre par hasard une cassette du groupe heavy Métal Métallica. Cette musique énergique le prend au corps et devient synonyme d’évasion, de rage et de colère à évacuer, et lui permet de fuir une solitude et une réalité oppressante : « par cette musique j’ai fuit une tristesse ….cependant je ne savais même pas alors que j’étais triste. Je ne l’ai réalisé qu`à l’âge de 30 ans ».

Cette musique rythmée, « colérique et agressive » lui procure un bien être et un sentiment de liberté réparateurs. ‘’ J’oubliais tout : ma famille éclatée et dispersée sur deux continents, ma colère, ma tristesse, ma peur, tout.’’. Ce moment de fusion avec la musique provoque alors en Nicolas un sentiment rare de force. Il se sent protégé, « invincible » même. L’écoute de cette musique lui permet alors selon l’expression consacrée de “faire sortir le méchant. » Pendant dix années, Nicolas voue une sorte d’idolâtrie à l’endroit du groupe Métallica et rêve secrètement d’être comme eux « ainsi aimé et acclamé ».En 1999 au cours d’un de leur concert à Paris Bercy, alors placé au premier rang Nicolas partage pendant quelques instants avec le guitariste leader du groupe un regard puis un clin d’œil : l’extase est au rendez vous et l’expérience “un pied total » d’avoir été ainsi choisi par sa vedette et d’avoir pu échanger et obtenir la reconnaissance fugace de la star.
Ce groupe est une bulle d’évasion, un moment où Nicolas peut se sentir coupé d’une réalité oppressante : « que cela aille bien ou mal Metallica est au rendez vous, tous décibels à fond. » Dix ans plus tard, Nicolas vit et étudie à Paris, il fréquente l’Institut Supérieur de Commerce de Paris (les fameuses grandes écoles de commerce françaises, synonymes de réussite et de pouvoir dans les hautes sphères de la gestion en France) mais sans grande passion, par sécurité plus que par réel désir, « afin de ne pas être dans la merde comme l’ont été mes parents, toujours à se serrer la ceinture, ne jamais se faire plaisir ». Cependant ces années riment avec une compagne fidele : la musique qui accompagne la vie de Nicolas. « Pendant mes années universitaires j’ai fait passer la musique avant mes devoirs. Ce plaisir était nécessaire, vital et essentiel même, une sorte de douce transition nécessaire inconsciemment avant d’aller au turbin comme le fumeur a besoin de sa cigarette avantd’aller travailler.. »
Chapitre II : la découverte de la musique électronique
Un événement va faire basculer Nicolas musicalement. Un voisin de chambre à la cite universitaire où il étudie à Paris lui prête un cd de Tiesto qui le fait basculer vers la musique électronique. Nicolas entre de plein fouet dans la musique électronique et découvre le groupe Underworld, groupe mythique Britannique qui occupe à l’époque le devant de la scène électro. Cette découverte ne l’empêche pas pour autant de continuer d’écouter la musique Heavy Métal, mais peu à peu la musique électronique pénètre l’univers de Nicolas jusqu’au moment de son départ pour le Québec où le métal se dissipe pour laisser place au « boum-boum”, au ‘’beat’’. C’est ce boum-boum, ce rythme de la basse qui est encore plus évasif lorsqu’il est couplé à une mélodie. La structure musicale de la musique électronique se dessine peu à peu mais n’apparait pas d’emblée. Au sein de sa famille, il y a très peu de musique dans l’environnement familial ou plutôt selon les paroles de Nicolas un certain “vide musical ». Hormis parfois les marches militaires allemandes imposées (musicalement) à quatre heures du matin lorsque son père se réveille et se motivait ainsi avant d’aller travailler !!!
Suite à une rupture amoureuse, Nicolas quitte la France et revient au Québec en 2004. Mal dans sa peau, il fuit le lieu anxiogène et “revient à la maison”. Entre temps le père de Nicolas a quitté le Québec pour la République Dominicaine confrontant Nicolas à un nouveau sentiment d’abandon et à un nouveau départ, plus seul que jamais. Une route douloureuse que la musique l’aide à affronter chaque jour. Nicolas croise alors la route d’Olivier qui deviendra rapidement un ami. Olivier alias la Georgette cherche un colocataire pour partager son loft dans le quartier du Mile-end de Montréal qui deviendra le lieu de découverte de la transe. Ils deviennent colocataires et le loft qu’ils partagent devient peu à peu la salle de concert privée qu’il a toujours rêvée d’avoir. La musique ne quitte plus Nicolas qui travaille alors comme conseiller financier dans une banque sans aucune passion. Ce travail ne l’enchante guère mais lui permet d’aller chaque midi écouter des cd dans le magasin voisin, Archambault. La musique habite le quotidien de Nicolas, même au travail et l’accompagne en lui permettant de s’évader et d’échapper à la tristesse, à la blessure du départ de son père, de sa famille qu’il a fuit en quelque sorte et au deuil amoureux.

Le loft est un lieu magique, un lieu de partage de la musique électronique avec Olivier. À cette période, Nicolas découvre l’album de Ferry Corsten, un DJ Hollandais faisant parti des grands DJ Transe internationaux, avec son album qui est synonyme d’évasion et de colère. ‘’Cet album “met en musique ce que je ressentais dans mon cœur”.
De nature curieuse Nicolas se met à explorer tout ce qui concerne la Transe et découvre la Transe progressive, la Transe psychédélique et découvre dans la foulée le groupe Nuclear Ramjet, un groupe de Montréal (pour l’anecdote, Nicolas sera colocataire avec un des deux membres de ce groupe quelques années plus tard,…).
Nicolas assiste à sa première rave en 2005 à l’Aria et découvre en live Tiesto. ‘’Sans le savoir, je me suis retrouvé à être placé juste derrière le DJ booth, et là WOW, c’était malade j’allais me retrouver derrière Tiesto, pas devant lui mais tout près dans le carré VIP .” Et à cet instant la magie s’opère tout comme dans le cas du guitariste leader de Metallica, Nicolas croise le regard de Tiesto lorsqu’il fit son apparition. Machinalement mais avec son charisme qui le caractérise, Tiesto s’est approché de Nicolas avec son stylo pour signer les flyers. ‘’ je lui ai tendu machinalement mon flyer, et il m’a toisé de son sourire et m’a serré la main avec énergie et une flamme dans son regard.’’ Nicolas vérifie tout le charisme de l’artiste. A ce moment précis Nicolas a “l’impression d’être devant Dieu en face de lui”. Il lui serre la main:” J’ai serré la main de dieu.” Une certaine ressemblance physique existe entre Nicolas et DJ Tiesto qui donne lieu à un syllogisme: si Tiesto est une vedette et qu’il me ressemble pourquoi ne pourrais-je pas être une vedette moi aussi? ‘’Mais je n’ai pas réalisé cette réflexion sur le coup, il allait signer d’autres flyers quand soudainement il s’est retourné à nouveau vers moi. Là il m’a dit d’un air intrigué : ‘’ Hey you look like me man!’’ C’est sorti tout seul et je lui ai répondu comme ça, sur le coup: No YOU look like ME man ! ‘’ Cela l’a fait rire et il m’a serré à nouveau la main en faisant un clin d’œil avant de rejoindre ses platines ‘’.

De là, instinctivement, Nicolas a regardé les mains de Tiesto œuvrer. Pour la première fois de sa vie, Nicolas observe la création musicale et pose son regard sur les tables de mixages plutôt que sur le show. Nicolas est fasciné par le ballet des doigts sur les platines et sur l’alignement et l’organisation des CD. Il observe la mécanique, la gestuelle, la concentration de Tiesto à chaque CD qu’il prend et qu’il insère dans son mixer.’’J’ai essayé durant cette nuit d’ÊTRE Tiesto, d’être dans sa tête, dans ses mains, d’être autant le DJ que la star, tel un fantasme qu’on aimerait réaliser. Ce fut une sensation intérieure incroyable, j’ai décollé.’’ Le tout sous le rythme incessant des basses, sous la Trance martelante et incessante…Et depuis, à chaque passage de Tiesto à Montréal, Nicolas est au rendez vous. À chaque venue de chaque grand DJ international, Nicolas est sur le dance floor, mais aussi non loin du DJ si il peut s’en approcher, pour observer ses techniques de mix, et surtout, Nicolas écoute la musique, plus qu’il ne la danse parfois. Il écoute et analyse ce qu’il entend. “Cette musique s’écoute fort. Cela a donc forcément un impact sur ton cerveau mais aussi dans ton cœur et dans chaque organe qui vibre physiquement avec la musique, elle te traverse et c’est à ce moment là que tu décolles!!! C’est organique. Avec ou sans drogues tu planes. Et quand je me suis rendu compte que c’est le DJ qui contrôle tout cela derrière son mixer, cela m’a donné envie d’essayer. La musique que tu entends, elle peut tellement être modifiée par le DJ, il peut la transformer de tant de manières, y mettre des effets sans fins…Les gens, et c’est normal, ne prêtent pas attention à cela en rave, mais quand tu sais que c’est ainsi, tu décolles 100 fois plus.”Nicolas participe à des raves et à des festivals de musique électronique; il se rapproche peu à peu des DJs pour voir comment la musique est créée, pour regarder tout en écoutant et il apprend à percevoir la présence ou l’absence humaine du dj. Présence qui conditionne le partage et la communication avec le public et l’extase éventuelle de celui ci.

‘’Quand tu as la chance de tomber sur un DJ qui prend le temps de te parler après son set, pour discuter de son set, lui dire qu’il a fait un set de l’enfer et de le remercier, tu sens dans ses yeux que c’est sa paye. Tu fais son bonheur. Tout DJ qui se fait dire ‘’wow great set! ‘’ est comblé. Et c’est seulement lorsqu’il aura partagé sa musique et sa présence avec le public que tu peux lui dire cela. C’est ça être un vrai professionnel. Sinon, tu te la joues star et tu n’as rien compris’’
Chapitre III: Devenir DJ ou DJ en devenir ?

Nicolas à la croisée des chemins. Octobre 2008
À force d’observer les divers DJs, Nicolas se prend à rêver de pouvoir lui aussi mixer et se voit bien dans la peau d’un DJ, mais il faut pour cela dépasser ses peurs et faire le pas car face a la nouveauté et à l’inconnu “toutes les raisons sont bonnes pour ne pas avancer, et surtout, continuer à fantasmer dans sa tête en ayant la trouille.”
Nicolas jusqu’en juillet 2008 travaille comme conseiller financier mais ne se sent pas à sa place, ce n’est pas son monde, et il décide de passer à l’action en achetant sur Ebay un mixeur plus deux CD player. “ J’ai eu la trouille et le doute jusqu’à la fin. Ma copine m’a pourtant encouragé avec ses arguments de chocs : qu’est-ce que j’avais à perdre ? De l’argent? Et le regretter quand je serai un vieillard ? En cinq minutes, tout était acheté”.
Depuis Nicolas mixe chez lui et apprend peu à peu: “ J’ai compris ce que j’aime, ce que je veux faire, j’ai compris ma structure, depuis je me pratique et j’apprends par moi-même en explorant et en regardant. Je me sens de mieux en mieux. De plus en plus à l’aise. Des fois, surtout la semaine, en rentrant du boulot, l’envie n’est pas trop là en raison de la fatigue de la journée de travail, mais après quelques minutes, l’envie me prend et c ’est comme les moustiques attirés par notre peau, c’est automatique.”
A terme, Nicolas aimerait jouer dans un club mais pas tout de suite quand sa musique et son art sera plus fluide dit il. ‘’Quand je m’estimerai prêt à faire danser des gens devant moi, en ayant un set professionnel respectant les étapes du mix, alors là les choses se présenteront naturellement à moi.’’
Épilogue:
’ Où cela me mènera-t-il? Je ne sais pas ………. Pour l’instant faire de la musique, apprendre me nourrit. Si auparavant la musique était pour moi synonyme d’évasion, aujourd’hui je participe à ma propre évasion. À chaque fois, je trippe. Je suis dans une bulle et c’est moi qui la créé. Personne ne m’emmerde. Je suis en quelques sortes inatteignable. Il est certain que le rêve d’être connu et reconnu par ma musique est présent mais si cela doit se faire, ce sera à mon rythme.’’

Nicolas aime la Transe, une musique très structurée mais la structure ne se voit pas, il faut en quelques sorte la deviner. Mais une fois dedans, on ne fait plus attention à cela et ….on danse. Je suis dans ma bulle que je crée moi-même et dans la bulle il y a l’infini comme dans l’univers. Nicolas conclut par ces mots, « finalement, l’illumination est au coin de la boucle. ».
Aujourd’hui la musique est au coeur de sa vie. Elle la rythme et la ponctue. Au dernieres nouvelles, NicVanGate poursuit sa progression et commence peu a peu ne nouvelle carriere. On decrait le retrover sous peu dans un lounge dans le voieux montreal. Affaire à suivre. Musique à suivre.
www.Facebook.com/nicvangate

Frédérick MEY, Chef de l’Atelier, restaurant sur la rue Saint Laurent à Montréal. (Le 26 Novembre 2008)
Frederick Mey, originaire de la région Lyonnaise en pleine concentration. C’est un passionné, un amoureux des produits frais issus du terroir québécois. Il travaille avec des produits d’ici et entretient avec les producteurs des liens importants. Il connait généralement les personnes et les lieux ou sont fabriqués les produits de base qu’il utilise. Il aime créer, innover et se renouveller. Sa cuisine est inventive sans être trop conceptuelle. Une cuisine chaleureuse et surprenante. C’est un homme de contact. Avec les produits certes et avec les êtres. Producteurs et consommateurs.
Le Chef du restaurant l’Atelier à Montréal. Un peintre à sa facon.
Originaire de Lyon, ce père de deux enfants a émigré au Québec il y a de cela quelques années, il y a au moins huit ans. Son dernier bébé s’appelle l’Atelier, un restaurant situé sur la rue Saint Laurent à Montréal. Passionné, j’ai vu cet homme il y a quelques années prendre le bus pour la Gaspésie au cours de ses vacances et aller rencontrer les producteurs locaux. Depuis, il collabore avec plusieurs producteurs Gaspésiens. Il aime le Québec. Il aime le terroir. Il aime les produits et aime les partager. Frederick Mey est un allumé, un passionné. Je lui consacre mon prochain reportage. A venir. Sur ce blogue ou je l’espère ailleurs.Voici un aperçu succinct, histoire de vous mettre, je l’espère, l’eau à la bouche.
Frédérick échange avec Jimmy, son second, en ce qui concerne la préparation de la journée.
Le menu de la table d’hôte du moment et du midi.
Une partie des accessoires de la scène. D’autres accessoires de l’arrière scène font eux aussi partie du processus. 
Objets essentiels, parties visibles et intégrantes d’un processus. Verres, assiettes, carafes, couverts pour couronner et mettre en valeur une création.
Les décanteurs présents pour permettre aux vins de mieux exprimer leur potentiel.
Le bon de commande. Parmentier + Tilapia.
Une préparation à base de champignons qui mijote. Ces champignons sont accompagnés de crème et de thym, préparation qui servira de base pour une sauce. La pulpe receuillie servira ensuite de base pour une soupe de champignon.
Les premiers clients sont arrivés. Peu à peu le rythme s’accelère. Je trouve moi aussi peu à peu ma place dans cet espace ouu tous les sens sont en éveil. Les miens en particulier.
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